Blogue

L'efficacité énergétique en bâtiment au Québec : l'industrie est prête. La réglementation doit suivre.

ATIS Energie Construction br

Une lettre d'opinion parue dans Le Devoir ce mois-ci le dit clairement : l'industrie du bâtiment au Québec est prête à accélérer la transition énergétique. Ce qu'elle attend, c'est un cadre réglementaire à la hauteur de cette ambition.

Chez ATIS Énergie, nous partageons ce diagnostic. Et nous y ajoutons une conviction forte : attendre le règlement pour agir, c'est déjà prendre du retard.


Un chantier réglementaire encore incomplet

Adoptée en mars 2024, la Loi sur la performance environnementale des bâtiments (LPEB) pose une première pierre. Mais plus d'un an après les annonces à la COP 29, deux règlements structurants tardent toujours : l'encadrement du gaz naturel dans les nouveaux bâtiments et les seuils progressifs de performance énergétique et carbone.

Pendant ce temps, la Ville de Montréal avance. Son règlement sur la divulgation et la cotation GES des grands bâtiments est déjà en cours de déploiement. Le décalage entre la municipalité et le gouvernement provincial se creuse.

Ce vide réglementaire a un coût réel. Il freine les investissements, crée de l'incertitude et retarde des décisions qui auraient dû être prises depuis longtemps.


Ce que font les meilleures juridictions dans le monde

Le Québec n'a pas à réinventer la roue. Plusieurs marchés ont déjà tracé la voie.

New York, Vancouver et la France ont adopté des calendriers clairs pour éliminer le chauffage fossile dans les nouvelles constructions. Ces signaux ont immédiatement orienté les investissements vers des systèmes électriques performants et stimulé l'innovation en HVAC.

Les juridictions les plus avancées n'exigent pas seulement la divulgation de données. Elles imposent des seuils mesurables d'intensité énergétique (kWh/m²) et des plafonds d'émissions carbone par mètre carré, resserrés tous les 3 à 5 ans. Cette trajectoire prévisible permet aux promoteurs et ingénieurs d'anticiper, de planifier et d'investir avec confiance.

En Europe, l'efficacité énergétique en bâtiment intègre maintenant la gestion des surchauffes estivales, la robustesse des enveloppes et la capacité des bâtiments à maintenir le confort en période de stress énergétique. Ce sont des dimensions que le Québec doit intégrer dans ses propres normes, et rapidement.


Ce qu'on voit sur le terrain au Québec

En attendant les règlements, les bâtiments commerciaux, institutionnels et industriels continuent de perdre de l'énergie et de l'argent. Ce qu'on observe régulièrement lors de nos diagnostics :

  • Des systèmes de ventilation qui fonctionnent hors des heures d'occupation

  • De la chaleur rejetée à l'atmosphère, récupérable et directement rentable

  • Des équipements énergivores sans stratégie de régulation adaptée

  • Des données de consommation collectées, jamais analysées

Un bâtiment mal optimisé aujourd'hui deviendra un actif à risque demain, financièrement, réglementairement et climatiquement.


Un choix stratégique, pas seulement réglementaire

Les organisations qui agissent maintenant ne font pas que se conformer. Elles se positionnent.

Réduire l'intensité énergétique d'un bâtiment, c'est réduire ses coûts d'exploitation, augmenter la valeur de l'actif et anticiper les futures obligations réglementaires sans les subir dans l'urgence.

C'est l'approche que nous déployons avec nos clients : partir des données terrain, identifier les vraies pertes, implanter des mesures mesurables. Audit énergétique, récupération de chaleur, optimisation des systèmes HVAC, modélisation énergétique, suivi de performance sur le cycle de vie. Chaque intervention est orientée résultats, pas conformité minimale.


Notre position

L'industrie québécoise du bâtiment a les compétences et la volonté d'agir. Ce qu'il lui faut, c'est un signal clair du gouvernement et des partenaires capables de traduire ce signal en performance réelle, dès aujourd'hui.

Les organisations qui intègrent maintenant des standards élevés d'efficacité énergétique réduiront leurs risques, augmenteront la valeur de leurs actifs et se positionneront favorablement face aux exigences futures. Celles qui attendent subiront la transition plutôt que de la piloter.

Vous gérez un bâtiment commercial, institutionnel ou industriel ? Contactez notre équipe pour évaluer votre potentiel d'efficacité énergétique.