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Décarbonation industrielle au Québec : le projet de loi 17 change-t-il vraiment la donne?
9 mars 2026
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9 mars 2026
Réduire nos émissions de GES, c'est essentiel. Mais ça ne suffira pas.
C'est le message que lancent Frédéric Lalonde (Hopper), Sophie Forest (Brightspark) et Alain Lemieux (Zone d'innovation de la Vallée de la transition énergétique) dans un forum d'opinion publié dans La Presse — cosigné par les PDG de Deep Sky, Svante et Skyrenu, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, BMO et la Banque Nationale.
Quand autant d'acteurs économiques s'alignent sur un même constat, c'est qu'il y a urgence de clarté. Chez ATIS Énergie, nous partageons cette lecture, et elle rejoint directement ce que nous observons sur le terrain avec nos clients industriels au Québec.
Même dans un scénario où tous les efforts de réduction sont pleinement déployés, le Québec émettra encore environ 13 millions de tonnes de CO₂ par année à l'horizon 2045-2050, selon le Comité consultatif sur les changements climatiques.
Ces émissions ne viendront pas d'un manque d'ambition. Elles viendront de secteurs où la décarbonation industrielle complète est techniquement impossible à moyen terme : l'industrie lourde (cimenteries, alumineries), l'agriculture et le transport aérien.
L'analogie utilisée dans La Presse est juste : quand il y a une inondation, il faut à la fois couper l'arrivée d'eau et pomper ce qui est déjà là. Réduire les émissions, c'est couper l'arrivée d'eau. Mais les 13 millions de tonnes résiduelles, elles, sont déjà là.
Jusqu'ici, le captage et le stockage du carbone (CSC) au Québec manquait d'un cadre réglementaire clair. Sans règles définies, impossible de passer de projets exploratoires à des infrastructures déployées à l'échelle industrielle.
Sans ce cadre, le Québec se privait aussi d'un levier financier majeur : le crédit d'impôt fédéral pour le captage, l'utilisation et le stockage du carbone, qui couvre entre 37,5 % et 60 % des investissements, mais uniquement dans les provinces dotées de l'encadrement réglementaire requis.
Le projet de loi 17 vient combler ce manque. Il établit les fondations d'un cadre pour le stockage géologique permanent du CO₂ : exploration de réservoirs souterrains, encadrement environnemental rigoureux et mécanismes de suivi à long terme.
Ce n'est pas une solution miracle. C'est une pièce que le Québec ne pouvait plus se permettre de ne pas avoir dans son coffre à outils climatique.
Chez ATIS Énergie, nous accompagnons des organisations industrielles québécoises dans leur plan de décarbonation depuis plusieurs années. Ce débat relancé dans La Presse confirme ce que nous observons sur le terrain : une stratégie de décarbonation industrielle efficace repose sur trois niveaux complémentaires.
1. Réduire à la source L'audit énergétique industriel reste la première étape. Il permet d'identifier les pertes thermiques, les surconsommations et les opportunités d'optimisation procédés thermiques, souvent avec des retours sur investissement rapides. C'est ici que se joue la majorité des gains accessibles à court terme.
2. Optimiser les systèmes La récupération de chaleur industrielle, que ce soit sur des condenseurs, des compresseurs ou des effluents chauds, est l'un des leviers les plus sous-exploités dans les usines québécoises. Couplée à l'électrification des procédés industriels et à une ingénierie énergétique industrielle rigoureuse, elle réduit structurellement la charge thermique à compenser.
3. Éliminer les émissions résiduelles Captage à la source, captage direct dans l'air (DAC), stockage géologique permanent. Pour les secteurs qui ne peuvent pas encore décarboner autrement, c'est une nécessité, pas une option.
Ce que l'on observe également : les infrastructures de captage du carbone sont énergivores. Elles exigent des installations déjà optimisées sur le plan de la gestion thermique industrielle, une puissance électrique bien dimensionnée et une intégration mécanique rigoureuse. Une usine peu efficace énergétiquement supportera mal l'ajout d'un système de CSC et verra ses coûts opérationnels exploser.
C'est pour ça que la gestion thermique industrielle n'est pas en compétition avec le captage du carbone. Elle en est la condition de succès.

Le Québec dispose d'un avantage concurrentiel réel dans cette transition :
Une hydroélectricité propre et abondante, indispensable pour que l'électrification des procédés thermiques et le captage produisent un bénéfice climatique net
Un potentiel géologique favorable pour le stockage souterrain du CO₂
Un écosystème technologique en croissance : Deep Sky, Svante, Skyrenu
Un accès aux crédits fédéraux, conditionnels à l'existence d'un cadre réglementaire robuste
Le marché mondial de l'élimination du carbone est en forte croissance, porté par la demande européenne et nord-américaine pour des solutions permanentes et vérifiables. Les juridictions qui offrent un cadre stable attireront les investissements, et le Québec peut en faire partie.

L'adoption du projet de loi 17 envoie un signal clair : la stratégie de décarbonation industrielle au Québec évolue. Elle ne mise plus uniquement sur la réduction des émissions. Elle intègre désormais l'élimination permanente du carbone comme levier complémentaire.
Pour les entreprises industrielles, la question n'est plus seulement "comment réduire nos émissions GES en usine ?" mais "comment structurer un plan de décarbonation entreprise complet : réduction, optimisation thermique, élimination ?"
Chez ATIS Énergie, nous accompagnons nos clients à travers l'audit énergétique industriel, l'optimisation des procédés thermiques, la récupération de chaleur industrielle et l'intégration de systèmes mécaniques à haute performance. Ce travail en amont est une condition de succès pour toute stratégie de décarbonation thermique industrielle profonde.

La carboneutralité ne sera pas atteinte par une seule solution. Elle sera atteinte par la complémentarité des leviers et par la rigueur de leur mise en œuvre.
Votre entreprise fait face à des émissions résiduelles difficiles à réduire ? Contactez notre équipe pour explorer les premières étapes d'un plan de décarbonation industrielle adapté à vos procédés.

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